Mais décrivons un peu les joyeux drilles qui accompagnaient gaiement le Strill (haha). L'équipe de choc refilée à Sonny Hunter par l'Utaï, parrain du Syndicat, n'avait rien de très académique, bien au contraire. Comme toujours, on ressentait l'influence de Döiën, car la sélection était pour le moins hétérogène. Et détonnante.
Commençons par le plus petit du groupe, mais non pas le plus paisible. Pritsi est un Kushiban. Comme tout Kushiban qui se respecte, son agréable fourrure et sa silhouette avenante le fait ressembler à un lapin.
Pourtant, il n'a rien de la douceur dont font preuve les Kushibans en général. Renvoyé de l'université royale de Namor II pour menace et violence sur l'un de ces professeurs, on l'oblige à consulter un psychologue et, par divers médicaments, à s'adapter à la vie en communauté sur Succtoar. Abusant vite des diverses drogues qu'on lui prescrit, il tue le psychologue qui est chargé de sa rééducation et se terre dans les rades des grandes cités de la planète. Vite retrouvé, il purge une peine allégée dans la prison planétaire, protégé par quelques lieutenants du crime organisé avec qui il s'est lié. Agent apprécié pour sa férocité maladive, ses compétences en interrogatoire et son apparence candide (ansi que sa valeur en tant que simple soldat du Syndicat), il rejoint vite l'un des garages de l'Utaï, malgré les dégâts qu'il cause, menaçant les clients de "tuer leur salope de mère" s'ils ne faisaient pas changer leurs freins chez l'Utaï et frappant plusieurs employés de l'écurie.
Pritsi est toujours sur les épaules d'un Cragmoloïde du nom de Sfgregru - mais tout le monde l'appelle Sebastan. Malgré son apparence imposante, voire inquiétante (les Cragmoloïdes sont des êtres pensants pachydermique mesurant dans les trois mètres de haut et un mètre de large, leurs yeux sont entièrement rouge et leurs défenses renforcent cette impression de bestialité), Sebastan est un individu très doux. Il rencontra Pritsi dans l'un des garages de l'Utaï, où ce dernier ne tarda pas à s'en faire un esclave - voire un ami. De ce duo étrange, c'est le plus souvent le pachyderme qui essaye d'apaiser l'ire du gentil lapin Pritsi, avec plus ou moins de facilité.
Viennent compléter ce groupe trois autres soldats de l'Utaï, dont un Verpine du nom de Coraln. D'abord ingénieur en hydro-mécanique, il ne tarde pas à être renvoyé pour ses positions anti-Hégémonie lors de plusieurs affaires touchant des membres du gouvernement royal, et à rejoindre les meilleurs acheteurs et ennemi de l'autorité, c'est-à-dire le Syndicat. Ne voulant pas trop tremper dans les affaires à la morale douteuse, il se contenta souvent d'améliorer les moteurs et divers accessoires des véhicules de cours de l'écurie Utaï. Cependant, la fidélité et la qualité d'un agent se travaille, aussi parfois se mêle-t-il à un groupe pour des missions périlleuses mais point trop criminelle. Cette chasse au trésor lui paraissait l'occasion idéale... Et pourtant, à en juger par l'état du bar et de sa clientèle...
Les deux derniers soldats sont des humains. Je ne m'appesantirai pas sur eux tant ils sont banals. Ils risquent d'ailleurs de mourir bien vite.
*
Mais reprenons donc. Ainsi la clientèle est dans un bien mauvais état, et l'ambiance est pour le moins... plombée. Les soldats sous les ordres du Strill rengainent leur blaster. Pendant ce temps, le gentil Pritsi - le lapin de notre histoire - se jette à la gorge du tenancier affolé.
"Alors tu vas la cracher ta putain de carte ! (Sortant une arme aussi mignonne que minuscule, il assène au barman un coup de ce dernière, lequel barman, sentant l'életricité traverser son corps sans délicatesse, tressaille.)
J'vais tellement t'amocher que ta maman pourra même plus te reconnaître. Alors tu vas cracher, chiure ?! (Nouvelle tension sur le cou du malheureux.)
"Sh'il te plaît, Pritshi, shtoppe schette folie, se lamenta Sebastan, l'immense pachyderme, qui s'approchait du lapin pour le saisir avec douceur.
"Gnia gnia gnia, che m'appelle Shebastan et je suis un gros cul sans personnalité ! Shalushalushasha. 'culé, cracha Pritsi sans, lui, grande douceur.