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Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle
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Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle

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(Jayna Anor)
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MessageSujet: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Lun 16 Jan 2006 - 17:25

Voilà, je crois que c'est Stuart qui m'avait demandé de laisser mon histoire sur le forum. Je fais peut-être la plus grosse connerie de ma vie mais je précise tout de même qu'IL Y A UN COPYRIGHT DESSUS ! J'ai payé assez cher pour le mettre. Tous ceux qui viennent là le savent donc. Et même si je l'avais pas mis, il y a toujours les droits d'auteur et cette loi pour Internet et tous les médias.
Je mettrai ça chapitre par chaptire, je commence ce soir !
Je vous préviens qu'on a du mal à se mettre dedans au début. Voilà, enjoy !

P.S : les commentaires, même mauvais, sont bienvenus : il faut que j'améliore sans cesse l'histoire. bigsmurf

Re P.S : je dis que c'est une longue nouvelle... il y en a quand même pour 53 pages A4 et 21 chapitres. Disons un "roman court".

Re-re P.S : c'est pas autobiographique, sauf certains moments.
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Dernière édition par le Ven 20 Jan 2006 - 22:14, édité 4 fois
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(Jayna Anor)
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Mer 18 Jan 2006 - 19:24

Bon, voici les deux premiers chapitres. Enjoy !



Pour un éclat d'espoir

1


Lundi 7 janvier 2002

Je me demande comment ça se fait que je sois encore au lycée malgré mes absences répétées depuis le début de l'année. Je suis en première, et je suis super motivé depuis que je revis. Seulement, j'ai encore l'air d'un cadavre ambulant, et j'ai décidé de changer non seulement mentalement mais aussi physiquement, faire plus attention à moi, car après ça sera trop tard. Des fois, je regrette de ne pas être une fille. Le maquillage, c'est très pratique ! Le solarium et la musculation aussi, mais y passer des heures entame le moral, heureusement, je vais dans un club génial, ça aide d'aimer l'endroit. Quoi ? Vous voulez savoir ce que j'ai ? Hé bien je viens de sortir d'une cure de désintoxication.
Dehors, il fait gris et froid, comme chaque année au début du mois de janvier, et depuis ma chambre, j'entends le bruit des voitures qui roulent sur la route mouillée. Le ciel est sombre, les vitrines du garage en face sont allumées et les lampadaires suivront bientôt. Il est cinq heures moins dix. Ma veste gelée traîne par terre, au milieu d'une pile de cahiers et de boîtes de médicaments vides que je ne dois plus prendre, mais j'ai la flemme de ranger. Peut-être que je le ferai un jour, avant Noël, ou alors ça sera ma bonne résolution pour l'an prochain.
Les profs ont été heureux de me revoir en forme, aujourd'hui. Je n'irais pas jusqu'à dire que le prof de chimie m'a souri, mais c'était limite ! Je précise qu'il ne peut pas me voir en peinture et c'est réciproque depuis qu'il m'a mis un deux à une épreuve, en comptant à chaque fois les fautes que j'avais déjà faites ailleurs. Vous êtes d'accord que si vous faites faux un calcul et que vous avez besoin de la réponse pour l'exercice suivant, c'est logique que vous calculiez la mauvaise solution après ! Donc, les profs comptent une seule fois la faute et pour eux la suite est correcte. Hé bien non, celui-ci fait exception à la règle. Ce n'est pas grâce à lui que je passerai mon année !
La prof d'anglais était tout émoustillée, il faut dire que je suis son chouchou, en partie à cause du fait que je suis le seul à la trouver sympa. Pendant l'allemand par contre, rien. "Bonjour, j'espère que vous avez passé de bonnes vacances et pris de bonnes résolutions, comme par exemple faire vos devoirs. Maintenant, prenez vos cahiers…" Le prof est aussi chaleureux qu'un morceau de glace, mais je l'aime bien quand même, c'est l'un des seuls avec qui j'ai appris quelque chose.
Pour une fois j'étais content que les vacances soient finies, mais bien sûr, ce soir, en regardant mon agenda, j'ai tout de suite été moins enthousiaste. Jeudi, contrôle de biologie, vendredi, anglais, lire jusqu'à la page 7 dans le livre d'allemand… Je répéterai demain.
Comme chaque jour, je me suis couché sur le lit et j'ai fait un peu de relaxation. Ça donne l'impression que les muscles font "plic" au fur et à mesure qu'ils se décontractent, mais j'adore ce moment de la journée. Et cette fois, j'étais tellement détendu que je me suis endormi.
J'ai entendu la porte claquer et je suis sorti de ma transe. Vingt heures seize ! J'ai vraiment dormi longtemps, par rapport aux autres fois ! Maman vient de rentrer du travail. Ce soir elle doit repartir pour un dîner d'affaire, d'après ce que j'ai compris c'est très important.
Ma mère est encore jolie, c'est surtout son sourire qui la rend belle. Elle est toujours enjouée et il faut vraiment que quelque chose de grave se passe pour qu'elle ne rie pas. Quelque chose comme un enfant drogué, par exemple. Je crois que le plus beau cadeau que j'aie pu lui faire, c'était de tomber amoureux et d'avoir, grâce à ça, la volonté qui m'avait manqué jusque là.
On vit seuls, ma mère et moi, puisque mon frère River a quitté la maison car il ne supportait plus mes parents. C'était quelques jours avant qu'ils apprennent que je me droguais, il y a un an. River a seulement un an et demi de plus que moi et je l'adore. A son départ, c'était un bout de moi qui s'en allait, j'ai eu l'impression de n'avoir plus rien à perdre. Mon père est parti peu après, il m'en voulait et ne m'adressait plus la parole, et Maman a supporté leur départ car j'étais encore là. Mais elle était effondrée que je me détruise ainsi. Elle a juré de m'aider avant qu'il ne soit trop tard, et malgré les échecs des cures de désintoxication, elle n'a jamais perdu espoir.
Elle savait depuis longtemps que son petit garçon avait grandi, même si c'était trop rapide. Treize ans, c'est jeune, mais c'est l'âge idéal : on veut paraître grand, et je n'ai pas échappé à la règle. J'ai voulu faire comme les jeunes adultes, et je suis tombé dans cet univers de poudre blanche.
J'ai eu seize ans la semaine dernière, j'ai donc passé près de trois ans dans la dépendance la plus totale. Ma désintox s'est passée à merveille mais je suis étroitement surveillé par maman. Je ne veux plus replonger, j'ai vu la mort de trop près, trop de fois, et je n'ai pas aimé son visage.
Maman et moi, on serait ruinés si Papa ne nous entretenait pas régulièrement. Je n'ai plus de nouvelles de lui depuis un bon moment et je lui en veux trop pour souhaiter son retour. Il n'avait pas à nous abandonner au moment où tout s'effondrait.

Quand Maman a été prête à quitter la maison, je suis allé lui dire bonsoir et elle m'a donné une pizza qu'elle venait d'acheter au restaurant près de chez nous. Je vais regarder un bon film en mangeant, et ensuite j'irai au lit. J'ai cours, demain matin, ne l'oublions pas !




C'est le matin. Je suis dans le bus, complètement cougné contre la porte(pour ceux qui ne comprennent pas ce mot, ça veut dire à peu près serré comme une sardine), et je suis un peu malade. Ça me donne le mal de voyage d'être à l'envers. Seulement, quand on est plus de soixante personnes entassées dans un bus de huit mètres de long, c'est rare d'être à l'aise. Le pire, c'est en été, quand il fait très chaud. Pourquoi ne suis-je encore jamais tombé dans les pommes ?
Le jour où ils se décideront à nous mettre un véhicule à deux compartiments, il fera quarante degrès au mois de février et on ira à la piscine en combinaison de ski !
Il y a un immense embouteillage, normal, il est sept heures vingt-cinq, et comme je vis dans une ville frontalière avec la France, il y a tous les français qui viennent bosser ici qui encombrent les routes. Attention, je ne veux pas me mettre nos voisins à dos, seulement, un type qui vient de Paris ou même Besançon n'aura pas ses pneus neige, et vu qu'il y a deux mètres de neige qui sont tombés depuis trois jours, c'est absolument normal que la circulation ne soit pas fluide.
Je n'arriverai pas au lycée avant huit heures, avec un peu de chance, je serai même en retard et je raterai le cours d'histoire, du moins le début. J'aime arriver au milieu de la leçon et avoir une excellente excuse. Ça fait victime de dire "C'est le bus, pas moi".




Finalement, je ne suis pas arrivé en retard, malheureusement. Le prof d'histoire a une voix incroyablement soporifique, il parle inlassablement pendant trois quarts d'heure, d'une voix atone sans aucune expression, contrairement à la stagiaire qui s'agite comme une folle devant la classe et est passionnée par ce qu'elle raconte.
A midi, j'ai retrouvé un groupe d'amis et on est descendus manger chinois en ville. Le meilleur moment de la journée. Les deux heures de biologie de l'après-midi m'ont déprimé : observer des cellules d'oignon au microscope, c'est particulièrement fatiguant.
En rentrant, je suis allé faire les courses et j'ai répété mes travaux écrits.





2

27 janvier 2002

Récréation. Je sors tout tremblant d'un contrôle de maths et j'ai des définitions plein la tête. x = -b racineb2-4ac/2a… Au secours ! Je retourne les questions dans ma tête, certain que j'ai fait des centaines de fautes stupides. J'échafaude les probabilités de réussite et d'échec. M'inquiéter de mon avenir ne m'arrivait pas souvent, ces temps, ça me change.
Je sais qu'aujourd'hui, Skye est rentrée de Martinique. Y en a qui ont de la chance, parce que partir un mois, prolonger ses vacances de Noël, j'aimerais bien pouvoir le faire. Un jour, peut-être.
Skye.
Skye, c'est la beauté, la joie et la vie. Elle est celle dont la pensée me réchauffe quand j'ai froid, et dont la lumière me guide dans l'obscurité. Skye, c'est la fille dont je suis tombé amoureux.
Elle sortait avec mon dealer, Thomas. Il a vingt et un ans aujourd'hui, elle n'en a que quatorze et demi. Ils étaient ensemble depuis trois ans, Skye n'était qu'une gamine, et lui un salopard, il la menaçait si elle faisait mine de le quitter ou de regarder un autre garçon. Je suis arrivé dans sa vie six mois après leur rencontre, et Skye n'a plus jamais quitté mes pensées. J'étais trop incertain pour la draguer, et trop effrayé par Tom, surtout. Il y a quatre mois, j'étais au fond du gouffre, sans mon frère et sans mon père, et Skye m'a dit qu'elle m'aimait, mais qu'elle ne sortirait avec moi que si j'arrêtais complètement la drogue et la cigarette. Et je l'ai fait, parce que je l'aime et que je n'ai pas peur de le lui montrer.
J'espère qu'elle saura que j'ai changé.
J'ai quitté la cour et je suis parti vers l'école secondaire. Skye n'entrera au lycée que l'an prochain. Je vais essayer de lui parler.
Les formules de maths se sont dissoutes dans ma tête dès que je l'ai vue. Debout, à discuter avec ses amies, un ange qui sourit, la lumière du soleil qui lui dessine une auréole... Elle est tellement belle ! Je la vois bouger au ralenti, et je me sens lourd. C'est maintenant ou jamais, tant que j'aurai le courage de lui rappeler ce qu'elle m'avait dit. "Je sortirai avec toi si tu décroches".
- Luke !
Je me suis immobilisé et senti fondre progressivement. Elle m'a reconnu et elle me sourit. Où sont mes jambes ? Je ne les sens plus. Elle m'a pris dans ses bras, et j'ai pu regretter qu'elle ait coupé ses cheveux. La dernière fois qu'elle m'a pris comme ça, elle les avait longs jusqu'au milieu du dos, et maintenant ils sont courts d'un côté, longs de l'autre, coupés en dégradé et en bataille dans tous les sens. Elle est très jolie mais je préférais avant… Quand je rêvais d'enfouir mon visage dedans.
Elle m'a regardé longtemps, et ses yeux brillaient de joie, alors j'ai su qu'elle avait compris. J'ai oublié les profs qui patrouillent dans la cour, les filles qui gloussent en me regardant(elles le font toujours depuis un moment, je prends ça comme des compliments. J'ai tort ?), et les regards amusés des autres. Je l'ai invitée au cinéma, et elle a accepté, puis je lui ai pris la main et on s'est regardés longtemps, comme deux imbéciles heureux. La sonnerie de la fin de la pause nous a ramenés tous les deux sur terre. Direction le cours d'allemand pour moi, la gym pour elle.
J'ai apprécié pour la première fois le soleil sur mon visage et le vent glacial annonçant le retour de la neige. Tout s'est brusquement éclairé et il est inutile de se demander pourquoi. J'aime Skye et elle m'aime... un peu plus qu'avant.
J'ai eu la tête dans les nuages pendant toute la journée, particulièrement à l'allemand. Le prof m'a demandé de traduire une phrase et je me suis trompé d'exercice, j'avais laissé traîner mon cerveau à l'exercice deux et on en était au cinquième. Génial.




Maman m'a dit que quand on aurait des sous, on rentrerait chez nous, en Californie. Je n'ai jamais compris pourquoi on était partis. Papa a du sang indien et Maman est californienne, alors pourquoi on n'est pas restés ? River et moi étions trop petits pour comprendre. De San Francisco, on est allés à Londres, et ça n'a pas plu à mes parents parce qu'il pleuvait tout le temps, alors hop ! Direction la Suisse. Genève, d'abord. Pas super non plus, alors départ pour la petite ville du Locle. Et on y est toujours. Peut-être que la majorité de notre argent est passé dans ces déménagements, n'empêche que du deux pièces en Amérique on est passé au huit pièces ici.

Mon portable a sonné, c'est rare, personne ne m'appelle jamais.
- Salut p'tit frère !
- River !
Ça fait un an que je n'ai plus entendu sa voix. La gorge nouée, je l'ai écouté me raconter ce qu'il avait fait d'intéressant depuis tout ce temps, et j'ai quand même osé lui demander pourquoi il appelait seulement maintenant.
- J'avais peur de ta réaction, je croyais que tu serais furieux, et en même temps, si c'était Maman qui décrochait, je n'aurais pas su quoi lui dire. J'ai fini par essayer et je pense que c'est le répondeur qui m'a décidé.
- Faut déjà y aller. Qu'est-ce qu'il a de spécial ?
- C'est pas lui, c'est toi. Ta voix. Quand je suis parti, tu étais encore un enfant, et maintenant tu as une voix d'adulte. J'ai vraiment eu envie de te parler, je me suis dit que tu étais mon petit frère et que tu avais grandi, et que j'allais tout louper si je n'appelais pas. Sur le message, tu dis qu'on doit appeler sur ton natel et tu donnes le numéro. J'ai pas hésité.
Apparemment, il ne sait rien de mon début d'adolescence. Tant mieux, d'un côté, je préfère tout lui dire en face.
- Lukie, promets-moi quelque chose… Fais attention à toi. J'habite tout près du CHUV si tu veux venir me voir.
A Lausanne. Comment vais-je pouvoir me rendre là-bas ? Il faut que je le voie.
- J'essaierai de venir le plus vite possible, c'est promis. Et je ferai gaffe. Tu me manques, tu devrais revenir.
- J'y réfléchirai, on en parlera. Je t'attends vendredi à quatorze heures. Repose-toi bien.
Dans quatre jours. Très bien, il me faut un moyen de transport.
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(Jayna Anor)
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Ven 20 Jan 2006 - 17:51

3



29 janvier 2002

Ce soir, je suis sorti avec ma classe. But ? Cinéma. On m'a dit que le film était génial, mais il est en deux épisodes et j'ai pas vu le premier alors j'ai pas compris le dixième de la première partie du suivant.
Skye est venue avec nous, puisque je lui avais donné rendez-vous. Après de longues minutes de délibérations, j'ai réussi à avoir, pour nous deux, le siège double au milieu du neuvième rang. Dans ce cinéma, les fauteuils sont hyper confortables, tout doux, agréables et larges, et le double, c'est le meilleur. Ils ont juste enlevé le bras au centre et comme ça, les couples peuvent s'enlacer sans avoir un espèce de machin qui les sépare.
Je ne me souviens plus comment ça a commencé, ça doit être ma faute, il y a eu un déclic et j'ai eu le courage d'embrasser Skye. Elle a d'abord eu un mouvement de recul et finalement elle s'y est mise aussi. Et j'ai complètement oublié l'écran et ce qu'il s'y passait jusqu'à l'entracte. Les lumières se sont rallumées, j'ai rougi et Skye a rigolé. Moi, je ne voyais pas ce que ça avait de drôle, c'était le meilleur moment de ma vie, il ne fallait pas le gâcher en s'en moquant.
Vous allez peut-être me trouver un peu rapide, mais je lui ai dit que je l'aimais. Elle a arrêté de rire, et s'est blottie contre moi. Mon cœur battait la chamade et la tête me tournait, mais rien ne m'a paru plus agréable en cet instant que de la serrer dans mes bras.
Je n'ai pas suivi le reste du film avec beaucoup d'attention, je sais juste que c'est le héros qui a gagné à la fin.

Maintenant, je suis dans mon lit, j'ai comme l'impression que je ne vais pas fermer l'œil, trop de bonnes choses me sont arrivées depuis quelques jours.




31 janvier 2002

Mon frère a un studio au-dessus d'une pizzeria, la vue depuis les fenêtres est très variée : le CHUV d'un côté de la rue, et l'aile de la pédiatrie de l'autre. Mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, non ?
L'appartement est minuscule. Quand on entre, on arrive directement dans le salon qui est en même temps la cuisine, la salle de bains est une toute petite pièce composée d'une douche, d'un lavabo et de toilettes. Pour y entrer, il faut contourner le bar à côté du frigo. En face, la chambre, une grande pièce où il règne un bordel innommable. Ça sent la pizza partout.
River m'a fait asseoir sur le canapé et m'a servi un soda.
Il a changé. Il a les cheveux très courts dressés en piques sur la tête, et il les a teints en noir bleuté. Je ne reconnais pas son visage, sauf quand il sourit : ça, c'est toujours pareil. Il a le même sourire que moi, en coin, un peu gamin. J'ai les yeux plus clairs que lui, ils sont bleu turquoise alors que les siens ont la couleur du ciel avant un orage, gris pâle, supers beaux. Il a dû remarquer que j'avais repris du poids et des couleurs. Lui, il a perdu pas mal de kilos, tant mieux, il avait tendance à en prendre facilement et il était un peu grassouillet quand il est parti.
Il a entamé la conversation, apparemment ravi de me revoir.
- Alors, comment ça se passe, ta vie ?
- J'ai eu des problèmes graves mais maintenant tout est parfait.
- Quel genre de problèmes ?
- Ceux qui te font crever. Me dis pas que tu n'étais pas au courant !
- Je savais que tu fumais du hasch, je t'avais suffisamment mis en garde contre, qu'est-ce que t'as pris après ?
- La suite logique.
Je lui ai montré mes bras et il a eu un geste de recul et une expression horrifiée. C'est vrai que c'est pas beau à regarder, pendant deux-trois ans on s'enfonce des aiguilles au même endroit, forcément ça rend le coin beaucoup moins joli à voir.
Il m'a pris dans ses bras et m'a traité d'imbécile, mais j'ai aussi senti son soulagement quand il a su que c'était fini.
Lui, il va super bien, il passe son bac cette année et il a d'excellentes notes dans toutes les matières. Il veut devenir thérapeute, je pense qu'il y arrivera sans problème.
- Et toi, p'tit frère ?
- J'ai pas vraiment réfléchi à mon avenir depuis un moment. Tout ce que je veux, c'est repartir en Californie, avec la fille que j'aime et peut-être avoir des gamins.
- …et devenir riche, avoir une sublime maison sur la plage, et j'en passe. Amuse-toi, avant de penser au mariage. Fais la fête mais ne te saoule pas, on s'amuse tout autant. Rencontre des gens, retourne au lac.
Le lac. A une demi-heure de voiture de ma ville, c'est l'endroit où je me sentais le mieux au monde avant que River s'en aille, mais ensuite, je n'y suis plus jamais retourné. Je faisais de la planche à voile pendant des heures avec lui, comme j'aimerais recommencer !
- River, tu ne veux pas revenir à la maison ?
- Si je réussi mon bac, c'est promis, je reviens. Ce sera l'été prochain, mais le temps passe vite. Et puis, je viendrai peut-être vous voir, toi et mum, pendant les vacances de Pâques. Si j'ai le temps. J'ai cru comprendre que tu avais une copine ?
- Je suis pas encore vraiment avec elle, en fait, on n'est sortis qu'une fois.
Je lui ai expliqué la situation, il m'a ébouriffé les cheveux en se marrant comme une baleine, et la conversation a dévié sur ce qui motive en général les garçons normalement constitués : le sexe. Autant dire qu'avec mon expérience inexistante, j'étais un peu perdu.

Bien plus tard, de retour chez moi, dans mon lit, j'ai enfin réalisé que je vivais les meilleurs moments de ma vie. Je suis en bonne santé, j'ai revu mon frère, et je suis avec Skye… Tout est parfait. Le sommeil a gagné mes yeux très rapidement et j'ai passé une nuit peuplée de rêves merveilleux.




Relâches du 1er mars 2002

Semaine à ski avec des potes, à Thyon. Il n'y a pas beaucoup de monde, il fait grand beau, même trop chaud, c'est ces fois où on regrette d'être habillé aussi chaudement… mais faire du ski en t-shirt, même s'il fait chaud, c'est le meilleur moyen pour tomber malade.
J'ai un nouveau surnom : l'abominable homme des neiges, parce qu'en passant sous un sapin sur un petit chemin dans la forêt, je me suis accroché à une branche et une avalanche m'est tombée dessus. Mais il y a pire !
Damien est en carving, Sam en ski, Anthony en big foot et Fred en surf. Anto a voulu essayer le surf et j'ai accepté d'échanger, on fait la même pointure.
Vu que je sais faire du vrai ski, le big ça n'aurait pas dû me poser de problème et effectivement, cinq descentes après l'échange, je ne tombais même plus(contrairement à Anthony). Mais bien évidemment, sans aventures, c'est pas drôle.
Au milieu de la première piste au-dessus du chalet, allez savoir comment et pourquoi, mon big foot gauche s'est détaché. Vous voyez à quoi ça ressemble, ces trucs ? autour du soulier on attache une ficelle. Alors je me suis retrouvé à dévaler la pente en équilibre sur un pied, avec le mini ski qui traînait derrière moi, mais je ne me suis pas cassé la figure. Je me suis assis dans un coin pour le remettre et je n'y suis arrivé qu'avec l'aide de Fred.
Le deuxième jour, on est partis en expédition, droit sur Siviez, ce n'était pas une bonne idée, c'était un jour blanc. On a pris le télésiège pour la piste noire d'Eterolla, appelée plus communément la langue, et une fois en haut, on est passés sur l'autre flanc de la montagne.
Après trois heures(j'avais récupéré mon surf, autrement on aurait mis le double du temps à cause d'Anthony), on a fini par arriver à destination. On a bu un pot avant de passer deux heures sur les pistes, et Sam est tombé juste sous le télésiège, un de ses skis a fichu le camp en bas de la pente, et je crois qu'il(Sam, hein, pas le ski !) est resté une demi-heure par terre en train de gueuler contre ses fixations qui ne tenaient plus à cause du gel.
Je suis passé sur un saut génial, super haut et bien tassé, et en arrivant de l'autre côté, j'ai dit à Fred que c'était trop bien, avant de remarquer, émergeant de la neige, une gouttière. J'ai réfléchi, pas longtemps, et j'ai réalisé que c'était pas un saut mais un chalet enfoui.
Retour : le dernier téléski avant de retourner sur Thyon, c'est un engin long de deux kilomètres. Avec la tempête de neige qui faisait rage, c'était une vraie torture, et à l'arrivée, il y a une ligne droite d'une longueur de dix mètres qui se rapproche dangereusement de la verticale. Encadré de rochers, c'est le pire endroit possible pour lâcher le téléski. J'ai réussi sans encombre, Sam, Fred et Anto également, mais un des carvings de Damien s'est pris dans un caillou, et on l'a attendu pendant dix minutes dans le blizzard pendant qu'il montait le reste du chemin à pied. On gelait sur place, et lui aurait bien eu besoin d'une pause, il venait de faire un parcours pénible, mais dès qu'il est arrivé, on est repartis pour une petite montée particulièrement fatiguante. Pour vous donner une idée de la puissance du vent, on n'avait qu'à écarter les bras en restant à l'arrêt et on avançait sans problème.
Mercredi, ski de nuit. Je suis tombé sous un canon à neige, en marche bien sûr. Sam étant malade, je lui ai piqué ses skis, j'avais envie de réessayer, et je me suis retrouvé couché dans la neige, une jambe repliée derrière le dos, le ski en travers… J'ai mis dix minutes pour me relever.
Le lendemain avec Damien, on passait sur un petit chemin dans la forêt et au milieu du sentier, il y avait un immense saut. On allait très vite, moi j'ai passé à côté, pas question de me crasher dans un sapin, mais Dam se demandait à haute voix de quel côté il allait aller. A gauche ou à droite ? Ouais, c'est égal. Oui mais à gauche ou à droite ? A force de se poser des questions, il a fini par le faire, ce saut.
A part ça, j'ai perdu mes lunettes de soleil dans une crevasse derrière le chalet, il a fallu me descendre dedans par les pieds pour que je les récupère.

Et on est rentrés, sûrs de rire de ces vacances encore longtemps.



4


8 mars 2002

Le prof de biologie est en train de caresser un cerveau en plastique en attendant qu'on arrête de causer pour qu'il puisse nous expliquer les fonctions des testicules. On vient d'apprendre quelque chose qui changera vraisemblablement la face du monde : le cerveau se trouve dans la boîte crânienne.
Comme je suis en train de parler avec Sam, j'ai pas remarqué tout de suite qu'il n'y avait plus un bruit dans la classe, et le prof m'a désigné pour passer les diapositives dans le projecteur du fond de la salle, seulement, l'appareil date de Mathusalem, on a d'ailleurs dû faire une minute de silence quand on nous l'a apporté, et il fait un bruit bizarre quand il chauffe. Le seul moyen pour qu'il arrête, c'est de caresser la lentille, alors j'ai l'air malin, je vous dis pas.

Cours d'histoire. Perdu dans mes pensées, j'ai soudainement levé la tête pour voir le prof penché devant moi, m'observant d'un air sévère, ce qui m'a définitivement réveillé.




Les amies de Skye gloussent encore plus qu'avant depuis qu'on est ensemble. A chaque fois que je passe devant elles, je n'y coupe pas. J'ai horreur de ces rires bêtes, heureusement, Skye n'a jamais rigolé comme ça. C'est même pas des rires, c'est des bêlements de mouton. J'ai dit à Skye que supporter ces filles était une immense preuve d'amour. Il y aura bien un jour où je péterai les plombs… mais ce sera pas aujourd'hui. J'ai dû rester en classe pendant la moitié de la récré, pour parler avec le prof d'histoire des leçons de rattrapage dont j'ai besoin.
A trois heures vingt, je suis enfin allé prendre mon bus mais je ne rentrerai pas chez moi tout de suite, Fred et Sam vont boire un pot et je vais avec eux.
Trois bières grenadine plus tard, j'ai dit à Sam de me retrouver à vingt et une heure au bar Manhattan mais il va m'assassiner parce que je n'y suis pas allé, avec trente-neuf huit de fièvre, pas question de sortir, et comme il a pas de portable, impossible de le joindre.





10 mars 2002

Bouillotte aux pieds, tisane aux lèvres, j'ai des frissons partout et je me sens, logiquement, malade. Où ai-je attrapé cette grippe ? Personne n'est malade dans mon entourage.
Maman ne me laissera jamais sortir dans mon état, alors je m'embête, je ne peux rien faire, la télé me donne mal à la tête, lire c'est encore pire et faire mes devoirs, n'en parlons pas. A part manger et dormir, pas grand chose. C'est palpitant d'être cloué au lit.
Skye vient d'arriver, elle s'inquiète pour moi, et elle m'a apporté un message de Sam qui, est-il besoin de le préciser, est hors de lui. Mais je m'en fiche, Skye est là et c'est tout ce qui compte.
Maman est arrivée pour lui dire qu'elle ferait mieux de partir, la grippe c'est contagieux. Je hais les maladies, j'ai pas eu droit à mon bisou !
Je me suis rendormi en essayant d'oublier ma nausée. Je serais presque tenté de prier pour être guéri maintenant.
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(Jayna Anor)
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Ven 20 Jan 2006 - 17:52

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Vacances de Pâques

J'ai cru que j'allais pulvériser mon réveil, ce matin ! Déjà, il n'était pas censé sonner, je l'avais allumé par réflexe la veille, toujours est-il que je faisais un rêve merveilleux, à propos d'un super concert, et qu'au moment où le rideau s'est levé et où la musique aurait dû éclater, c'est des bips stridents qui m'ont tiré du sommeil. A six heures quarante-sept ! Pendant les vacances !
Je suis allé prendre mon petit déjeuner, tartines de miel sans beurre(j'ai jamais aimé le beurre), puis je me suis affalé sur le canapé et j'ai allumé la télé. Bon, y a pas grand chose d'intéressant aussi tôt, à part le Morning Live sur une chaîne française, mais comme j'ai pas la tête aux gags lourds, je zappe sur Tom et Jerry. Et je me suis fendu la poire pendant une heure. Maman est venue voir ce qui me faisait autant rire, en s'étonnant que je sois déjà debout.

La journée est passée à toute allure, et le soir, River est revenu. La joie de ma mère est contagieuse, et cette fois elle était tellement heureuse qu'on a passé la soirée avec un grand sourire aux lèvres.




Petites anecdotes de vacances, puisqu'aujourd'hui on est le dernier jour avant la rentrée, horreur, je profite.
Je me suis assommé avec un marteau. River voulait accrocher un cadre au mur de ma chambre et moi je faisais tournoyer le marteau au-dessus de moi. Un coup sur la tempe, j'ai fini assis par terre, complètement sonné.
Mon frère est somnambule, il était allé se coucher plus tôt car il avait mal à la tête et moi je regardais la télé au salon quand je l'ai vu arriver à côté du canapé, baisser son caleçon, et pisser sur le tapis ! En hurlant comme un malade, j'ai bondi sur mes pieds et ça l'a réveillé. La seule fois où je l'avais vu aussi gêné, c'était à Action ou Vérité il y a huit ans, quand il avait dû avouer un truc plutôt cocasse.
J'ai cru devenir cinglé à la fin de la première semaine parce que ça faisait une bonne heure que je bossais sur un programme de dessin et je n'avais pas sauvegardé mon travail. J'ai d'abord pensé que River avait retiré la prise de l'ordinateur quand l'écran s'est éteint, puis j'ai remarqué que le lumière du couloir venait de se rallumer en même temps que mon imprimante, donc, coupure de jus. C'est sûr, je suis gâté par la nature avec ça !
Opération Noix de coco ! River et moi sommes allés camper au bord du lac, deux nuits, et notre quatre heures, c'était une noix de coco, mais quand on campe, on n'apporte pas forcément un marteau et un tournevis pour l'ouvrir ! (c'est ma méthode)Alors on s'est amusés à la lancer de toutes nos forces sur les rochers et elle a fini à la flotte(glacée), River a plongé pour la récupérer et après de nombreux essais infructueux, on a fini par réussir à percer un petit trou dedans, donc on a eu le lait, mais le reste attendra.
Je fouillais dans un buffet à la recherche du paquet de cacahuètes et j'ai découvert un petit sachet de bonbons durs comme de la pierre, et j'ai parié avec Riv que j'arriverais à tout manger. J'ai perdu, et pour me venger, j'ai réussi à lui faire gober que le jus de kiwi que j'avais acheté quelques jours avant était un délice sans précédent, et il a pas réussi à finir son verre. Il a dit que vraisemblablement, les fabricants avaient pressé la pelure avec le fruit, et je suis bien d'accord avec lui.
Petite surprise, avant-hier : j'ai fait du thé, et comme je suis très gentil, je l'ai apporté à mon frangin qui jouait à Tomb Raider sur l'ordi, imaginez sa tête quand il a bu d'un trait, en ne sachant pas que j'avais mis du sel dedans.
Le défi du citron, c'est moi qui ai gagné ! Mercredi, Maman avait fait du poisson, et la mission était de manger le quartier de citron en entier sans faire de grimace.
La dernière nuit avant que River rentre chez lui, j'ai grimpé sur mon lit et je voulais allumer la petite lampe dans le coin, mais, à côté de la lampe, il y avait un énorme cousin, le plus gros que j'aie jamais vu ! Je n'ai rien contre les araignées ou la plupart des insectes, mais une grosse bestiole avec des ailes qui risque de se prendre dans mes cheveux, c'est un cauchemar. J'ai fait un bond en arrière et j'ai cherché un truc pour l'écraser, mais mon frère adoré, dans sa grande bonté d'âme, n'a pas voulu le tuer. Il s'est approché du cousin… qui s'est envolé et m'a foncé dessus ! J'ai plongé sur le lit à côté, et finalement, Riv a mis le cousin dehors et j'ai essuyé mes sueurs froides.

A présent, je suis seul à la maison, puisque Mum passe l'après-midi chez une amie et que River est reparti. C'est vide, sans lui. Je croyais avoir l'habitude, il faut croire que je me suis trompé. Et demain, retour en classe, travail écrit de maths en première heure, ça réveille.



20 mai 2002

Non mais franchement, où va le monde ? Ce matin j’ai ouvert le journal et devinez ce que j’ai vu ? Du mascara pour hommes. Je me souviens d'avoir été choqué en découvrant, dans un catalogue de mode, une jupe masculine et je n'ai vu dans ma vie qu'un seul énergumène qui la portait dans la rue. Il était chauve alors c'était encore pire. Il n'y a pas longtemps, c'était le gloss pour les lèvres. Un jour, il n'y aura plus que des filles sur cette planète.
En privé, je ne dis pas, après tout, River m'avait bien obligé à mettre un porte-jarretelles, mais c'était pour rire. Tout le monde est libre mais quand même ! Il y a des possibilités chirurgicale si on veut changer de sexe. Société d'androgynes, va. Soit on change totalement, soit on s'abstient. Quoique, on ne sait jamais, peut-être qu'un jour je mettrai des talons aiguilles, dans vos rêves.
Bref, cet après-midi, je vais chez Damien, avec qui je suis allé skier au 1er mars. Un type super qui s'attire tous les problèmes possibles. S'il y a une plaque de glace minuscule, ce sera le seul à glisser dessus, c'est un aimant à ennuis. On se connaît depuis tous petits sans être jamais vraiment devenus les meilleurs amis du monde. Quand j'ai plongé dans la drogue, il a essayé de me faire arrêter mais il a vite déchanté et il m'a oublié. Il avait raison, il n'y a pas de monde plus égoïste que celui de la dépendance et il ne m'aurait pas supporté longtemps, c'est moi qui suis revenu vers lui. Il veut être photographe, il saute sur toutes les occasions de stages et envoie des dossiers un peu partout.
On est censés bosser notre grammaire allemande. Mon œil, on va passer tout l'après-midi devant l'ordinateur, je serais prêt à le parier…
… Pari gagné. On a téléchargé un petit mouton animé qui se balade sur l'écran en faisant mêêê.




17 juin 2002

J'ai rencontré les parents de Skye aujourd'hui, elle m'a invité chez elle pour le dîner. Pour mon plus grand plaisir, ils sont très sympas et ils s'entendent bien. Je m'attendais à ce qu'ils soient hostiles, après tout je suis en train de leur voler leur fille. Mais ils ont été soulagés de voir que je n'avais rien du dealer avec lequel Skye sortait il n'y a pas si longtemps encore.
La mère veut que je l'appelle par son prénom, Iella, j'ai l'impression que je n'y arriverai jamais. Le père m'intimide, je réponds à toutes ses questions par "Oui Monsieur".
J'ai aussi fait la connaissance du relativement nouveau venu dans leur famille, Fabian. Il a à peine huit mois et il ressemble déjà à sa sœur, qui est en fait sa demi-sœur. Il a les mêmes yeux, qu'il garde braqués sur moi d'un air étonné.
Après le repas(filet d'agneau avec des patates rôties… je vous laisse saliver), le père m'a passé à la moulinette. Age, niveau d'études, passé… A voir, il a été satisfait de mes réponses, et vu que je ne lui ai pas menti sur ce que j'avais fait auparavant, il m'a félicité de m'en être sorti. Je lui ai dit que c'était grâce à sa fille et que si on n'était pas tombés amoureux, je serais probablement mort d'une overdose, et il a eu une lumière dans les yeux en regardant Skye qui rougissait.
Plus tard dans la soirée, j'ai compris pourquoi Skye m'avait présenté spécialement ce soir : elle veut m'emmener en vacances en Toscane ! Les parents ont dit qu'ils y réfléchiraient. C'est difficile de ne pas trop se réjouir, surtout que Skye m'a dit que c'était gagné.




26 juin 2002

Confirmé ! Je pars à Castiglione dela Pescaia dans quinze jours ! Ouahou, deux semaines avec Skye, en Méditerranée ! Le rêve.
Maman connaît Skye depuis un moment, elle a accepté sans faire trop d'histoires. Je pense surtout qu'elle s'est dit que j'aurais piqué une crise et que je lui en aurais voulu toute ma vie, mais ça lui a fait de la peine parce qu'elle sera toute seule ici alors que j'irai m'amuser au soleil.



6


10 juillet 2002

ARGH ! L'enfer des nuits bruyantes ! Je serai de mauvaise humeur pendant des heures.
Skye m'a réveillé en ouvrant la fenêtre au milieu de la nuit, elle m'a demandé si je dormais, je lui ai dit oui mais je m'en souviens plus.
Je me suis rendormi… bzz… un moustique ! Je ne l'ai pas écrasé pour éviter de réveiller Skye.
Son père ronfle horriblement fort, il faut chanter "Auprès de ma blonde" pour le calmer.
Vers 4 h du matin, Skye m'a agrippé le bras et m'a fait : t'as rêvé de quoi ? Moi j'ai rêvé… et elle s'est rendormie.
A 7h, il y a un imbécile heureux qui est passé dans le camping avec son camion et la musique à fond ! Il venait poser les affiches pour Guignol.
Les voisins ont fait un raffut pas possible, genre claquer les portes, et leur chien est venu aboyer sous notre fenêtre.
Je vais faire un meurtre, parce que Skye m'a annoncé fatalement que hier soir j'avais parlé en dormant. Je criais : Mon gâteau, rendez-moi mon gâteau !
Allez savoir de quoi je rêvais.

Donc, on est en Toscane depuis trois jours, le voyage s'est déroulé sans encombre, on a été pris dans un immense embouteillage du côté de Gènes mais après on a roulé peinard jusqu'au camping. On vient de rentrer de la plage. Skye est montée sur une méduse échouée en croyant que c'était un caillou et j'ai été piqué par une vive.
J'étais couché sur ma serviette, les larmes aux yeux, pendant qu'un infirmer me soignait, Skye portait son frère et leur mère était au bar en train de commander un thé froid pour me soulager. Le père a vérifié qu'il n'y avait plus de poissons dangereux aux alentours, mais je ne pensais pas retourner dans l'eau.
En ce moment, j'ai mal ! Je suis couché sur le ventre sur une chaise longue, mais ça a ses bons côtés d'être en convalescence : Skye me fait un massage intégral, assise sur mon arrière-train, en monokini. Les types qui passent se rincent l'œil mais c'est pas grave, elle est avec moi ! Heureusement que ses parents sont allés faire des courses et que Fabian roupille. Ça se voit(ou plutôt ça se sent)que Skye a pris des cours de massage ! Aah, quel pied ! J'ai l'impression de me transformer en bouillie sous ses mains. Les pleurs du bébé nous ont arrachés à notre douce volupté, j'ai parfois le sentiment que les enfants sentent quand on veut être tranquilles et qu'ils font exprès de nous déranger dans ces moments-là. Ce n'est pas parce qu'ils ne parlent pas que les bébés ne sont pas intelligents, ils doivent avoir un sixième sens.
Skye a fini par calmer son frère et elle est revenue vers moi. Je l'ai prise dans mes bras mais le contact de sa peau sur la mienne aurait pu nous faire perdre notre vertu à tous les deux si je ne m'étais pas repris assez vite. J'ai dû rester cinq minutes à fixer un arbre pour me calmer, et pour oublier l'incident, je suis allé faire la vaisselle à l'intérieur du mobil-home et Skye a remis son haut de maillot. Elle m'a dit que j'étais tout rouge. Normal, c'est humiliant, et très frustrant. Ne nous étalons pas là-dessus.
En sautillant sur un pied(je rappelle que je suis blessé), j'ai frotté le fond du plat de gratin comme un fou pour que le cramé consente à s'en aller. Skye essaie d'endormir Fabian. J'ai dit qu'il s'était calmé, pas qu'il dormait. Elle lui chante la chanson des Bisounours mais je crois que ça le réveille plus qu'autre chose, il est mort de rire. J'ai entendu un soupir de découragement et j'ai vu le petit bonhomme arriver à quatre pattes dans le couloir, son gros hérisson en peluche dans la bouche. Et voilà, je sais ce que ressentent les prisonniers qui ont un boulet au pied, Fabian s'est accroché à ma jambe et ne veut plus me lâcher. Il a entouré mon mollet de ses petites jambes et il me tend son "risson", comme je l'appelle, et si je ne le prends pas, on va avoir droit à un concert de gémissements.
Je me suis rincé les mains et j'ai attrapé le gamin et le risson. Today, piscine. J'ai essayé tant bien que mal de mettre son maillot de bain à l'excité de service qui gesticule dans mes bras, Skye a récupéré le risson et en route pour la leçon de natation.




13 juillet 2002

Je ne sais pas si vous avez déjà été sur une plage de sable quand il y a une tempête. Si oui, vous comprendrez ce que je vis en ce moment.
Le vent vient du large et projette le sable contre moi, ou plutôt contre mes pauvres jambes, j'ai l'impression qu'on me tire dessus à la mitraillette à graviers. Les arbres sont à l'horizontale, ce qui vous donne une idée bien précise de la violence de cette tempête. J'ai parié avec Skye que j'irais me baigner tout habillé malgré la hauteur des vagues. Je devrais arrêter de faire des paris idiots, ça me retombe toujours dessus. En parlant de Skye, elle est cramponnée à moi. Elle a peur de s'envoler ? J'ose même pas imaginer le moment où on devra se recoiffer en rentrant, moi ça va, j'ai les cheveux mi-longs, mais Skye… la pauvre.
Elle m'a poussé vers la mer en se servant de moi comme bouclier. C'est la guerre. J'ai posé le pied dans l'eau et je n'ai même pas eu le temps de me dire que c'était glacé, une énorme vague m'a englouti, et j'ai tournoyé sous l'eau avant de me retrouver couché aux pieds d'une Skye complètement paniquée.
J'ai feint la souffrance intolérable d'avoir du sel dans les yeux et du sable dans les poumons et j'ai pris la main que Skye me tendait avant de l'attirer dans l'eau. On a fini les deux, gelés, en train de lutter contre les éléments, et quand on est sortis, on a couru comme deux malades jusqu'au camping.
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Ven 20 Jan 2006 - 17:58

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16 juillet 2002

J'ai rêvé que je traversais la mer à dos d'ornithorynque. C'est pas grave, je suis juste complètement fou. Bref, il y a deux jours, je me suis assis sur une chaise et il y avait mon orteil dessous. Il est encore tout noir et il y a du sang sous l'ongle. Entre la vive et ça, j'ai pas vraiment de chance, mais c'est pas moi qui me suis repris un coup de soleil, c'est Skye.
C'est mon tour de changer Fabian. Il a quoi, neuf mois ? Mais il est sympa : il pleure très rarement, par contre, c'est une vraie pile électrique, c'est pour ça que s'occuper de lui n'est pas facile. Il se marre tout le temps et donne des coups de pieds partout, il a aussi la manie d'essayer de mettre ses doigts dans mes trous de nez.
Skye adore nous regarder, moi en train de me battre avec un pampers et Fab qui manque à chaque minute de tomber dans le lavabo.
Explication : sa maman a installé la table à langer au-dessus du frigo, à côté de l'évier. Dans un bungalow, y a pas énormément de place, on fait avec ce qu'on a, ça empêche pas que le gamin s'amuse à rouler sur lui-même. Un jour, il va se noyer pendant qu'on fera la vaisselle et il y aura tellement de mousse qu'on l'aura même pas vu.
J'ai enfin réussi à ficeler le bébé dans son pampers et Skye est allée le mettre dans son berceau, il vient de bâiller comme un ours. On a échappé à la mission d'endormissement parce que les parents sont rentrés de la plage.




Bain de minuit. En espérant qu'il n'y ait personne sur la plage(on aurait l'air malin), Skye et moi nous sommes déshabillés dans les rochers. A noter que j'ai failli m'asseoir sur un oursin. Ensuite on a avancé dans les vagues. Au début, on s'est amusés, on se faisait des bouchons et des batailles de sable mouillé, ou encore le jeu de celui qui court le plus vite dans l'eau. C'est pas moi qui ai gagné, j'ai marché sur une algue immonde et gluante qui s'est enfoncée dans le sol en faisant "schleurb", et j'ai paniqué en croyant que c'était un poisson.
Plus tard, quand on s'est calmés, on s'est embrassés, et c'est sous les étoiles que nous avons fait l'amour pour la première fois.




Ne me parlez surtout pas ! Je rêve encore. J'ai l'impression de m'être envolé dans les nuages et je n'ai aucune envie de redescendre sur terre.
Je crois que les parents de Skye ont deviné ce qu'on avait fait, ils nous regardent bizarrement avec un petit sourire narquois. Ça me gêne un peu, c'est vrai, ils m'invitent en vacances et je couche avec leur fille !
Aujourd'hui, pharmacie, puisqu'on ne s'est pas protégés, on n'avait pas prévu de se laisser aller à ce point. Et de toutes manières je suis allergique au latex.
A midi, on a mangé une pizza et les parents nous ont laissés quartier libre au moment où Fabian m'a lancé son biberon à la figure. On s'est baladés jusqu'au soir sur le port de Punta Ala et on a fini par rentrer à pied au camping, en passant par la forêt.



J'étais en train d'habiller Fabian sur le canapé quand Skye m'a appelé pour venir voir un serpent dans les buissons. Je suis un irresponsable ! Le temps que je revienne, le petit avait disparu ! Heureusement que les parents sont partis à vélo, on arrivera peut-être à le retrouver avant qu'ils reviennent, à quatre pattes, Fab doit pas aller vite, à moins qu'il se soit fait enlever. Ne dramatisons pas.
Chercher un bébé, c'est comme chercher un animal, il faut avoir quelque chose à manger avec soi, sinon il ne viendra jamais vers nous.
Et un pampers sur le sol, un ! Fabian se balade à poil quelque part dans le camping, il a semé sa couche en route.
- Vous avez pas vu un bébé passer par ici ?
La réponse est toujours non.
Nom d'un chien, Fabian, qu'est-ce qu'il t'a pris ?
Après une heure à arpenter le camping, on a fini par le retrouver, regardant avec curiosité un bac à compost qui débordait. Sueurs froides envolées, on va lui donner un bain.

Le bébé endormi, les parents présents pour surveiller, enfin on va pouvoir se laver. Pas question d'utiliser la douche du bungalow quand on a très envie d'y aller à deux, direction les sanitaires du camping.

J'espère qu'on n'a pas fait trop de bruit ! Il devrait y avoir des heures où personne ne va se doucher pour avoir le champ libre à toutes sortes de gémissements dus au plaisir. Quand on a fini par sortir de la cabine, Skye et moi, après une heure et demie enfermés dedans, on est tombés nez à nez avec une vieille dame qui nous a observés d'un air outré. Ben quoi, c'est la nature, oui ou non ?
Je crois qu'on attendra avant de renouveler l'expérience dans les lieux publics.




18 juillet 2002

Réveil en sursaut. Je n'arrive plus à respirer, il fait beaucoup trop chaud, je suis trempé de sueur comme jamais auparavant, je suis brûlant et l'air refuse de rentrer dans mes poumons.
A genoux sur le lit, enroulé dans le drap qui me colle à la peau, j'essaie de reprendre mon souffle, mais je n'y arrive pas ! Je ne parviens qu'à hurler.
La lumière s'allume, Skye est tirée du sommeil et ses parents arrivent en courant dans la chambre. Fabian se met à hurler, Iella a une expression horrifiée et aide son mari à me porter jusqu'à l'extérieur. Je vois tout dans un brouillard rouge comme si j'avais du sang dans les yeux. Je ferme les paupières. Secoué de spasmes, je n'entend plus rien, je sens la pluie sur mon visage, ou est-ce des larmes ? Une main prend la mienne et la sert fort, je reconnais la douceur de Skye. J'ouvre les yeux et je vois du noir, la silhouette de Skye la découpe, elle brille d'une lueur dorée et les pleurs qu'elle verse sont comme des diamants.
Soudain, l'air rentre dans mes poumons, d'un seul coup. Le brouillard rouge se dissipe, et mes sens me reviennent, je reprends le contrôle de mon corps. Ma température redevient normale et je vois Skye, trempée, les yeux baignés de larmes, qui porte ma main à ses lèvres. Ma vue est à nouveau normale, et j'entends Iella qui s'énerve contre la tempête et l'impossibilité de joindre un hôpital.
Chancelant, je m'assois, et je laisse Skye me serrer contre elle comme si elle avait failli me perdre. A bien y réfléchir, encore un instant dans cet état et je serais parti. Pierre, le père de mon adorée, m'aide à me relever et à rentrer dans le bungalow, Skye m'accompagne pour la douche froide, et une fois la porte fermée, elle m'embrasse partout, frénétiquement, alors que je tremble encore de tous mes membres. Ses mains fouillent mes cheveux, me touchent comme si elle voulait être sûre que je suis matériel. Elle murmure mon nom sans arrêt, et ses sanglots entrecoupent ses mots. Je sors de mon angoisse dès qu'elle m'embrasse sur les lèvres en enfonçant ses ongles dans ma nuque. Je murmure :
- Hé… Je suis là, en vie, je ne suis pas un fantôme. Tu peux me lâcher, maintenant, je ne vais pas m'envoler.
- J'ai cru que tu étais en train de mourir, Luke ! Ne refais pas ça, jamais !
Elle dit ça d'un ton désespéré en me frappant l'épaule droite.
La douche allumée, j'entre dedans et je reprends mes esprits sous le jet glacé. J'ai envie de dire à mon corps d'obéir à Skye, je ne veux pas mourir.
Couché sur le dos, la tête de Skye sur ma poitrine, je me rendors péniblement. J'entends Skye qui me murmure qu'elle m'aime, et le sommeil m'enveloppe.





19 juillet 2002

C'est au dîner que j'ai vraiment remarqué ce que j'ai risqué. Un médecin est venu dès qu'il a pu, et a diagnostiqué une crise d'angoisse après avoir pris mon pouls, et après qu'il m'ait écouté lui décrire les symptômes. Il m'a prescrit des calmants à prendre deux fois par jour pendant une semaine. Skye ne me lâche plus d'une semelle, et Fabian a dû sentir que j'allais mal, il reste accroché à mon cou et ne rit plus ; Pierre a appelé ma mère, on rentre dans deux jours.
Pour le moment, je suis à la plage avec Skye, les pieds dans l'eau, alors que le soleil se couche.
- Si tu devais mourir demain, qu'est-ce que tu ferais ?
J'ai été étonné par cette question, mais j'y ai répondu du mieux que j'ai pu.
- Je passerais des heures avec toi, je parlerais à mon frère et à ma mère, et je me réconcilierais avec mon père.
- Et si tu pouvais choisir ta mort ?
- Je voudrais mourir dans un endroit comme celui-ci, très vieux, et heureux, en m'endormant et en sachant que je n'ai pas raté ma vie, car je serai marié avec toi et on aurait eu plein d'enfants, je serais arrière-grand-père. J'aimerais avoir des jumeaux.
- Merci, on voit que c'est pas toi qui dois les mettre au monde !
Marrant, comme discussion, on passe de la mort à la vie sans distinctions. Skye a repris :
- Et la pire façon de s'en aller ?
- Jeune, dans la souffrance. Je ne veux pas souffrir, jamais. Si ça devait m'arriver un jour, je me suiciderais. Mais je préfère avoir mal qu'être séparé de toi, alors ne me laisse jamais tomber, je ne sais pas ce que je ferais.
- Je resterai avec toi quoiqu'il arrive, même si tu n'avais plus d'avenir. Par contre, si c'était moi à qui il restait peu de temps à vivre, je crois que tu serais beaucoup moins malheureux en étant éloigné de moi.
- On parle de quelque chose d'un peu plus normal ?
- Comme tu veux.
Et on a dévié, on s'est raconté nos mésaventures scolaires. Là, il y a de la matière, vive l'école.
Je ne m'explique pas pourquoi la conversation me faisait froid dans le dos, un résidu de hier soir, je suppose.
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Matth Katarn
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Ven 20 Jan 2006 - 21:46

Hop, j'ai lu pour le moment la première journée... au départ j'avoue que ça fait bizarre de voir un truc écrit comme si c'était du langage oral... enfin, c'est juste au départ.

Deuxième chose: le narrateur est un garçon, tu le précises... je dois dire que c'est un choix "étrange" de se placer dans la peau d'un personnage de l'autre sexe, et que c'est surtout très difficile. Et en fait, c'est ça qui désarçonne le plus, dans le sens où on perçoit que c'est une fille qui écrit... je peux pas t'aider pour expliquer réellement ce que j'entends par là, mais c'est l'impression que ça me donne.

Voilà, sinon rien à dire, exception faite de quelques fautes d'orthographe ici et là... je lirais la suite pour voir si mes impressions se confirment. En tous cas c'est original comme début... en principe je lis jamais d'histoire de ce genre XD
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Ven 20 Jan 2006 - 22:07

J'écris jamais une histoire avec une fille. J'écris depuis que j'ai 5 ans et jamais j'ai pris de filles pour héroïnes.
Saroumane Dooku m'avait pourtant dit qu'étonnamment je m'étais pas trompée pour écrire la vie d'un mec... scratch
Mais c'est peut-être seulement au début. Peut-être pas.


Des fautes d'orthographe ???? My God, où ça ? ça fait un an que je la bichonne chaque semaine et il y en a encore alors que je suis la meilleure du lycée en orthographe ?
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Matth Katarn
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Ven 20 Jan 2006 - 22:09

En fait je viens de m'apercevoir que ce que je pensais être des fautes était juste lié au fait que je me projetais dans le cas d'un perso féminin, c'est tout, lol
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Ven 20 Jan 2006 - 22:10

(gg*) d'accord dans ce cas je vois !
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Matth Katarn
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Ven 20 Jan 2006 - 22:11

Oui, lol, j'ai repéré des E qui manquait dès le départ... en fait c'était normal XD
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Sam 21 Jan 2006 - 11:55

J'ai lu la première journée, et j'ai ressenti comme Matth. Tout d'abord le côté écrit / oral . On s'y fait vite, et j'aime bien ce côté original ( pour la première journée, aprés, peut être que ca devient lassant, je ne sais pas encore ! ). Et il est vrai qu'on sent la fille qui ecrit. J'ai du mal à croire que le narrateur est masculin. Ca peu donné un effet interessant d'un côté, ou passer pour une maladresse, dans tous les cas, c'est sympa à lire. J'en dirais plus quand j'aurais lu la deuxième journée ^^.
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Mer 25 Jan 2006 - 19:18

J'ai lu les deux premières journées, j'aime beaucoup le style "Auto-biographie" même si ce n'est pas la tienne .
Et l'âge des personnages me dérange un peu . Je les trouve relativement jeune pour connaître ce genre de situation, enfin c'est c'que je pense .
Le texte est un peu "enfantin" (à cause des âges peut-être) mais il y a de très très belles expressions ! Smile

J'ai trouvé deux fautes^^ :
Citation:

À son départ.

Ce ne sont que des fautes d'apostrophes .

L'histoire est touchante et donne envie de vite lire la suite . Smile
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(Jayna Anor)
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Mer 25 Jan 2006 - 21:00

Fifi > le "à" majuscule c'est la faute de mon ordi. Les claviers suisses sont un peu spéciaux, les accents sur les e et les a sont déjà mis sur le clavier, impossible d'en mettre sur des majuscules ! Wink

Pour leur âge j'ai longuement réfléchi... mais je me suis basée sur les expériences de mes proches. Je voulais toucher un public jeune, tu verras pourquoi par la suite : ça n'arrive pas seulement aux jeunes adultes... L'âge de Skye me dérange particulièrement, 14 ans et demi... mouairf. C'est pour ça que j'ai fait passer les années dans l'histoire. Bon, la suite...
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(Jayna Anor)
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Mer 25 Jan 2006 - 21:16

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31 juillet 2002

River a tenu sa promesse, bac en poche, Maman et moi l’avons vu revenir à la maison avec toutes ses affaires. Deux jours plus tard, c'est papa qui revenait. Sachant que je ne me droguais plus, il a cessé de m'en vouloir, et moi je suis si content qu'il soit de retour que je ne suis plus fâché contre lui parce qu'il nous avait abandonnés.
Je n'ai jamais vu ma mère plus heureuse. Sa famille est à nouveau au complet, et l'argent revient à la banque. Skye et moi, c'est de mieux en mieux, on s'aime de plus en plus, et j'ai fini par oublier mes peurs
Ce soir, Skye fête son anniversaire.
Je suis arrivé chez elle vers vingt heures, et j'ai vu dans le salon quelques personnes que je ne connais pas. La musique est très forte, et j'ai le ventre qui gargouille en sentant le parfum qui vient de la cuisine, et l'odeur de l'alcool est enivrante, entêtante. Rien qu'un verre, je n'exagère pas. A travers les volutes de fumée, j'aperçois Skye qui cherche un CD à mettre dans le lecteur, et mon frère occupé à baratiner une fille que je n'ai jamais vue nulle part. En riant, j'écoute la dernière blague de Tristan, un type qui était dans la classe de Skye l'an dernier.
Je me lève pour aller aux toilettes. Depuis cette pièce, la musique est étouffée. Après m'être soulagé, j'ai remarqué que je tremblais. Bon, et alors ? Je me suis regardé dans le miroir et j'ai vu un visage qui avait perdu toutes ses couleurs. Il y a un truc que je n'ai pas dû digérer.
Je suis revenu dans la salle et au moment où j'allais me rasseoir, un élan de douleur m'a plié en deux. J'ai laissé échapper un cri étouffé et Tristan et quelques autres se sont précipités vers moi.
- Ça va, ça va… Juste un muscle bloqué.
Au moment où j'ai dit ça, une brûlure atroce m'a assailli le ventre, je n'ai plus pu respirer dès cet instant. Skye a arrêté la musique et ce qu'il s'est passé après, je l'ai oublié, sauf la douleur, qui revenait à la charge par vague, si forte que j'ai fini par voir un voile noir devant mes yeux.




5 août 2002

Je me suis réveillé, abruti par les doses de médicaments. Je suis dans une chambre mais je distingue mal les murs. Je ne connais pas cet endroit, pourtant l'odeur m'est vaguement familière. Un hôpital ? Je pense. Après l'accès de douleur que j'ai eu, ça ne m'étonne pas vraiment.
J'ai la gorge desséchée, depuis combien de temps suis-je là ? Un moniteur surveille mon rythme cardiaque. La sonnette, les réponses. J'ai tendu le bras pour appuyer sur le bouton mais quelqu'un est entré, un médecin, apparemment. Hirsute, la soixantaine, il l'air sympa.
J'ai voulu lui poser des questions mais je n'ai émis qu'un "kreuh" tout faible.
- Enfin réveillé ?
- Oui.
J'ai la voix d'un castra enroué. Youpie.
- Ça fait… combien ?
- Environ cinq jours. Vous avez eu un malaise et en tombant, vous vous êtes cogné la tête au coin d'une table. Quand on vous a amené ici, vous étiez encore inconscient. Puis vous êtes tombé dans le coma. Vous avez mangé des fraises, apparemment vous y êtes allergique, vous avez eu une réaction violente. On vous a fait quelques tests et… Vous êtes sous traitement ?
- Non, il y a quelque chose d'anormal ?
- Vous avez eu des rapports sexuels non protégés, vous vous êtes piqué ?
- Qu'est-ce que j'ai ?
- Je suis désolé de vous l'annoncer comme ça… Vous êtes séropositif.
Cette phrase m'a frappé de plein fouet, comme une gifle. Séropositif. Le sida. Moi. C’est impossible, il s’est trompé, il me confond avec un autre. J'ai perdu l'usage de la parole.
- Ne vous inquiétez pas, on peut maintenant commencer le traitement et le virus n'est pas forcément actif. Il agit à différents niveaux selon les personnes, ce n'est pas rare aujourd'hui que quelqu'un qui se soigne ne meure pas jeune. Il y en a même qui vivent très bien et qui ont dépassé la cinquantaine.
Refouler mes larmes aurait été impossible, quel réconfort pourrait-on m'apporter ?
- Avez-vous une idée de la façon dont vous avez été contaminé ?
Je n'ai même pas eu à réfléchir, et quand j'ai répondu, c'était avec le fantôme de ma voix.
- Les deux façons les plus logiques.
Après la politesse d'usage, le médecin m'a laissé.
Et j'ai coulé. J'ai cru que j'étais aspiré dans un tourbillon d'horreur, ma tête tourne et tout devient noir autour de moi.
J'ai 16 ans, merde ! Je ne peux pas avoir le sida, c'est forcément faux !
Tout ce que j'ai espéré depuis ma désintoxication, mes rêves, ma vie… Tout est perdu. J'avais tant à faire, tant de projets, tellement d'envies ! J'ai fait tellement d'efforts pour m'en sortir, pourquoi est-ce à moi que ça arrive ? Qui joue à ce jeu cruel dont je suis la victime ? Et Skye, comment je vais pouvoir lui dire ça ?

SKYE ! Non, pas elle !

Effondré, en larmes, je ne suis plus moi-même. J'ai pris le verre d'eau sur ma table de chevet et je l'ai lancé de toutes mes forces contre le mur, puis, la tête entre les mains, assis dans mon lit, j'ai hurlé silencieusement.
Personne n'a le droit de me voler ma vie.


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28 août 2002

Rentrée des classes il y a deux jours. J'avance dans les couloirs du lycée comme un fantôme, je ne parle plus à personne. Mon sentiment de honte est encore plus fort ici qu'ailleurs. Je suis différent à présent, j'ai l'impression que tout le monde me juge, et devoir aller expliquer au directeur pourquoi je ne pourrai plus assister aux leçons de gym me rend nerveux. Avouer à quelqu'un ce dont je souffre, c'est comme d'accepter les faits, et jamais je ne m'y ferai.
La nourriture de la cantine est insipide à présent, les blagues ne me font plus rire. J'ai peur de frôler les gens… J'ai peur de tout. Si je touche quelqu'un, je risque de le contaminer, non ? C'est irrationnel, complètement débile, mais cette impression est si forte que je suis sûre qu'elle est vraie. Je ne suis qu'une enveloppe vide et malade, il n'y a vraiment aucune raison de sourire.
- Tu sais comment occuper une blonde pendant toute sa vie ? a demandé Fred.
- Tu lui donnes une feuille sur laquelle c'est noté des deux côtés "tournez la page", a répondu Sam.
Eclats de rire à la table, Damien se penche vers moi et je l'évite.
- Luke, tu te transformes en glaçon ou t'es devenu sourd ?
- Tu nous fait une dépression ?
- Lâche-moi, Fred.
Je me suis levé et je suis allé pleurer dehors, j'ai envie d'être seul.
Le vent joue avec mes cheveux, je regarde le ciel et les larmes coulent sur mes joues, lentement. Une main se pose sur mon épaule. River est venu me chercher.

Dans la chambre de mon frère, je laisse éclater mon chagrin. Nos parents s'engueulent à cause de moi, je sens que cette fois, papa va partir pour de bon, et j'en ai marre ! Marre de vivre dans la peur, entouré de disputes, avec toujours une ombre qui me guette. Personne d'autre n'est au courant, je n'ai encore rien dit à Skye, j'ai trop peur de perdre l'une des dernières choses qui me retient ici.
- P'tit frère…
- Qu'est-ce que tu ferais, Riv ? Crever lentement en détruisant la famille et en rendant tout le monde triste jusqu'à ce qu'on t'oublies dans ton cercueil après ta longue agonie, ou mourir vite et bien, en quelques minutes, laissant la place à une tristesse qui durera trois semaines au plus avant de n'être plus qu'un souvenir pour ta famille réconciliée grâce à ta mort ? Papa m'en voudra moins si je disparais.
River a soupiré.
- Lukie, vu comme ça, tu ne laisses pas de place au choix. Pense un peu à toi. C'est ta vie, pas la nôtre.
- Ma vie dépend des vôtres. Sans vous, je ne serais qu'un corps qui se détruit. Ma vie s'en va de plus en plus vite.
- Tu lui as dit ?
- A qui ?
- A Skye.
J'ai fait non de la tête.
- Bon sang, Luke ! Si elle l'a aussi, tu la mets en danger ! Elle ne sera pas traitée tant qu'elle ignorera qu'elle est malade. Réagis ! Tu veux la laisser crever ?
- Je me demande si elle n'est pas plus heureuse en ne le sachant pas.
- Ça ne l'aidera pas si elle n'est pas au courant.
- J'ai peur.
- Qu'elle te quitte ? C'est un risque à prendre, mais c'est pas ta faute. Et qui te dit qu'elle est malade, elle aussi ?
- Après une trentaine de rapports non protégés, tu vas pas me dire qu'il y a la moindre chance qu'elle y échappe ! Et puis, pas ma faute, je sais pas ce qu'il te faut !
River est allé faire du thé et m'en a apporté une grosse tasse. Il sait que pour que je retrouve le moral, je dois recouvrer mes sensations, quoi de mieux que de se brûler la langue ? Mon frangin est génial. Je ne sais pas ce que je ferais sans lui.
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Stu
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MessageSujet: Re: Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle   Sam 4 Fév 2006 - 12:34

Je pense la même chose que les autres, le style est très particulier... j'ai eu un peu de mal à accrocher au début... Mais j'ai pas pu m'enpêcher de finir... Le style certes "oral" est très très prenant, et plus proche du lecteur qu'un style plus "romanesque"...

En tout cas, j'adore, et j'attends impatiemment que tu poste la suite!
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Pour un éclat d'espoir - Longue Nouvelle

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