Yriel Korraheyn Membre Galactique

Age : 18 Inscrit le : 08 Mai 2008 Messages : 383 Localisation : Senlisse (78)
| Sujet: Vos textes Mer 6 Aoû 2008 - 14:38 | |
| Si certains d'entre vous écrivent pour eux-mêmes, pour s'exprimer, par plaisir ou pour toute autre raison et qu'ils souhaitent nous faire partager leurs récits...=) Je mettrai ptêtre des textes à moi un de ces 4 _________________ Site perso : Je suis une mitte en pull-over Ho My GoD l'a pas d'juuuuupe |
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Yriel Korraheyn Membre Galactique

Age : 18 Inscrit le : 08 Mai 2008 Messages : 383 Localisation : Senlisse (78)
| Sujet: Re: Vos textes Lun 11 Aoû 2008 - 18:39 | |
| 11h30 :
J’ouvris lentement les yeux. Mes paupières battirent plusieurs fois avant que mes pupilles encore engourdies par le sommeil ne puissent y voir clair. La pièce était baignée par la lumière du soleil de ce mois de juillet : il devait déjà être 11h passée. Je restais quelques instants à fixer le plafond tout en étirant lentement mes bras, avant tourner la tête vers la gauche. Charlotte était encore endormie. Ses cheveux couleurs d’or formaient un enchevêtrement blond autour de son visage et la faisaient ressembler à un ange. Sa respiration était calme et régulière ; à en croire son sourire généreux, elle devait faire un rêve magnifique.
J’avais visiblement un peu trop tiré sur la couverture durant mon sommeil, et ses épaules étaient dénudées. Je la recouvris délicatement de peur qu’elle ne prenne froid (quand on est amoureux, on ne réalise pas à quel point ce type de pensée peut être stupide en plein cœur de l’été), puis je me laissais retomber sur mon oreiller tout en continuant de la contempler d’un air bienveillant. Je pourrai rester des journées entières ainsi, à la regarder dormir. Mon petit ange…tu sembles tellement insouciante dans ses moments là…je te vois presque comme un bébé quand tu dors de cette manière…j’aime alors à me dire que tu es si faible, que tu as tant besoin que l’on te protège, que je te protège…et d’un autre côté, je sais parfaitement à quel point cette pensée est stupide : sous tes airs de petite fille toute gentille, tu as bien assez de caractère pour te passer d’une quelconque protection…c’est peut-être aussi pour cela que je t’aime tant. Fatalement, à force de la contempler ainsi, je finis par ressentir une sensation de chaleur dans le bas-ventre bien connue et plutôt agréable, et, n’y tenant plus, je me penchais doucement vers elle et déposait délicatement un baiser sur sa joue. C’est malin, j’allais la réveiller, à tous les coups….ho, et puis peu importe ! Il serait bientôt midi, il était tant qu’elle se lève, cette petite marmotte ! Ses sourcils se froncèrent légèrement tandis qu’elle commençait lentement à émerger du sommeil, puis elle étira lentement ses bras. Enfin, ses paupières battirent pendant une fraction de seconde, et elle ouvrit les yeux. Son regard vint immédiatement se pauser sur moi. Elle sourit.
15h29 :
Tout était calme. Seuls les oiseaux gazouillants et le doux ronronnement qu’accompagne chaque après-midi ensoleillé venaient rompre le silence ambiant alors que j’avançais lentement le long du sentier sablonneux. C’était une magnifique journée de printemps et la lumière baignait chaleureusement la vaste étendue d’herbe et les arbres en fleurs qui s’offraient à ma vue. Après un hiver particulièrement long et rude, c’était un véritable bonheur que de sentir la caresse de la brise printanière sur mon visage et les doux rayons du soleil sur ma peau. Le bruit étouffé d’une tondeuse à gazon résonnant à quelques centaines de mètres d’ici venait parfaire l’atmosphère de plénitude à laquelle je goûtais. Perdu dans mes pensées, je n’avais dans la tête aucune destination précise, animé par le seul désirer de faire quelques pas, seul, dans cette nature en fleur. L’environnement avait un effet apaisant et l’immense fardeau que je portais me paraissait soudain plus léger, les pensées sombres que je ressassais me semblaient moins présentes, et la douleur qui m’étreignait le poitrail se faisait moins ressentir. Mon esprit était toutefois loin d’être vide, pas même un tel jardin d’Eden n’ayant le pouvoir de me donner enfin la paix, et je ne pouvais m’empêcher de faire une nouvelle fois le point sur ma vie, mes actes, mes erreurs….bref, sur Moi. Tout arrivait, comme à l’ordinaire, de manière confuse : mes premières pensées, les plus tenaces, étaient pour Elle, bien sur, puis de nombreux doutes sur mon être et mon caractère unique m’étreignaient, suivis de suppositions plus ou moins noires quant à mon hypothétique avenir. Ensuite venaient immanquablement les hypothèses et les règles que je bâtissais sur mon entourage et l’Humanité en générale, distançant de peu les mises en parallèle de ma propre existence et de celle, qui me paraissait si différente, des Autres. De cette comparaison je tirais la conclusion que j’étais décidément un être étrange, puis son visage s’ancrait de nouveau dans ma tête, tenace, amenant avec lui la dernière pensée, la plus forte de toute : la mort, la mienne pour être précis. J’en étais arrivé à ce stade de mon cheminement intellectuel lorsque la nature qui m’entourait se rappela soudain à mon esprit. Je secouais brutalement la tête pour remettre un peu d’ordre dans mes pensées et balayait de nouveau la verdure ensoleillée du regard. Qu’il était stupide de se laisser absorber par ce type de pensée par une telle journée…J’entrepris de laisser mon esprit vide de tout raisonnement inutile et me concentrait uniquement sur ma marche, toujours tranquille, et le paysage qui m’entourait. Un oisillon se pause sur la branche d’un chêne juste à ma gauche et entama son gazouillement. J’esquissais un sourire en le regardant puis laissait mon regard s’attarder sur le gazon verdoyant qui commençait lentement à se recouvrir de boutons d’or. Tout était si calme…
J’entendis la détonation environ une demi-seconde avant que la balle ne vienne me frapper l’arrière du crâne. Une douleur fulgurante passa comme un éclair dans ma tête et je plaquais immédiatement mes deux mains sur mes cheveux. Mes jambes devinrent soudain extrêmement faible et je tombais lentement à mon genoux tandis que je contemplais mes mains rouges d’un sang épais que je sentais encore couler le long de ma nuque. Qui était le tireur ? Je l’ignorais et, curieusement, je m’en contrefichais : sans doute un de ces imbéciles parmis tant d’autres qui jalousaient mon succès et ma réussite. Une jolie bande de crétins qui s’en tenaient à la partie immergée de l’iceberg, et qui étaient tous à des années lumières de s’imaginer que j’aurais tout donné pour être à leur place. Quand vous savez qu’il ne vous reste qu’une fraction de secondes à vivre, les idées s’enchaînent très vite dans votre esprit : il m’avait fallu à peine quelques instants pour trancher la question de l’identité du meurtrier, et tandis que ma vue se brouillait de plus en plus (l’herbe ne formait plus qu’un immense tapis vert extrêmement flou), des dizaines d’images commencèrent à défiler devant mes yeux. D’abord, je la vis Elle : ses cheveux blonds, son sourire chaleureux et malicieux à la fois, ses yeux noirs, son rire…je revis toutes les (rares) scènes que j’ai passé en sa compagnie, toutes les phrases(même les plus anodines) qu’elle m’a dite, puis les derniers mot que je lui ai dit alors que je la voyais pour la dernière fois…Je revois aussi tous mes succès, mes instants de « gloire » publique et de déchéance privée, puis les moments heureux, les fêtes, et tout le reste…Enfin je fais le point sur la question qui me taraude le plus : ai-je réussi à changer ? Suis-je parvenu à combattre l’inné par l’effort, le travail et la bonne volonté ? Mon bilan est en demi-teinte, puisque le regard que tous les autres portaient sur moi a changé…tous les autres, sauf Elle. Et, à vrai dire, c’était uniquement pour elle que j’avais voulu devenir Autre…Un cri perçant. Je vois une femme accourir vers moi. Je délire pendant une fraction de seconde avant de réaliser dans le flou que ses cheveux sont bruns. Elle se penche vers moi mais sa silhouette n’est déjà plus qu’une forme dont je suis incapable de distinguer les détails. Je vois d’autres personnes s’approcher mais leurs silhouettes sont de plus en plus floues. De toute manière, je ne pense même pas à eux : tous mes songes sont à présent dirigés vers la même personne. Son visage est la dernière image à se maintenir dans ma tête, puis tout devient noir.
PS : (Les titres ne vous parleront certainement pas du tout mais ils sont pour moi hautement significatifs =)) _________________ Site perso : Je suis une mitte en pull-over Ho My GoD l'a pas d'juuuuupe |
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